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07.11.2006

Non, "20 Minutes" n'a pas été censuré !

Grosse boulette ce matin dans certaines éditions de 20 Minutes. En Une figurait un titre : "Emeutes de 2005, la tactique statistique de la police lilloise". Il s'agissait d'une enquête exclusive de notre bureau lillois, développée en page 6, selon laquelle les chiffres de la délinquance avaient été truqués dans la capitale du Nord pour minimiser les violences urbaines de fin 2005.

 

Hélas, une mauvaise manipulation de fichiers nous a fait envoyer dans certaines imprimeries une page qui n'était pas la bonne. Ce qui fait qu'à Paris, à Toulouse et à Bordeaux, les lecteurs n'ont pas eu la page annoncée, mais à la place un enquête sur les entreprises d'électriciens franciliennes qui peinent à recruter (enquête d'ailleurs déjà parue à Paris vendredi dernier...)

 

Du coup, plusieurs lecteurs nous ont appelés, pour savoir si nous avions été censurés, où si nous nous étions nous mêmes censurés. Certains refusaient même de nous croire lorsque nous leur expliquions cette erreur.

 

Alors, nous les rassurons. Il n'y a pas de censure à 20 Minutes. Simplement, ce sont entre 280 et 360 pages que nous envoyons chaque jour à nos 9 imprimeries. Pour une fois, nous nous sommes pris les pieds dans le tapis. Mais dès demain, les lecteurs de Paris, Toulouse et Bordeaux auront la page qui manquait. 

29.10.2006

banlieues, anniversaire, autobus et médias...

Je reprends mon blog, lâchement abandonné à la jachère depuis plusieurs mois.

 

Ce qui se passe ces jours-ci, ces bus qui flambent, cette jeune femme en train de lutter contre la mort à l'hôpital de Marseille, tout cela doit nous obliger à réfléchir, nous les médias. Bien évidemment, ce ne sont pas les journalistes qui caillassent les bus, ou y mettent le feu. Mais les images que les télés diffusent à longueur de journaux, ces caméras braquées depuis plusieurs jours sur nos cités, cet "anniversaire" claironné aussi bien par les radios que les télés ou la presse écrite, cette volonté de guetter le moindre signe qui pourrait faire croire que nos banlieues pourraient à nouveau s'embraser comme il y a un an, tout cela me met mal à l'aise.

 

20 Minutes, comme ses confrères, a sacrifié à cet anniversaire. Tout au long de la semaine, nous avons consacré deux pages quotidiennes aux problèmes des cités.Très immodestement, je crois pouvoir affirmer que ces pages étaient de grande qualité, les reportages justes, nous avons été voir les éducateurs comme les policiers, l'école comme la justice, les parents comme les jeunes. Bref, nous avons fait notre travail, consciencieusement. Notamment en tentant de voir ce qui avait changé en un an, si les leçons des violences de novembre 2005 avaient été tirées. Avec un terrible constat : une fois les esprits calmés, les flammes éteintes, chacun est retourné vaquer à ses occupations, les caméras se sont braquées sur d'autres objectifs, laissant les quartiers à leur désespérance, les éducateurs se battrent sans moyens. En fait, rien ou presque n'avait changé...

 

Nous avons fait notre travail, oui. Mais force est de constater que, comme les autres, nous avons accordé une place que certains pourraient trouver discutable à un événement (l'"anniversaire") largement fabriqué. Comment s'étonner dans ces conditions que l'on commence par des heurts, qui se transforment en caillassages, puis en incendies de bus, pour arriver à la torche humaine vivante ?

 

Mais d'un autre côté, nous avons également le devoir d'informer. Au nom de quoi pouvons-nous censurer, ou tout simplement passer sous silence une information ? Ces questions, nous nous les posons tous les jours. Et les réponses ne sont pas forcément évidentes. Comme quoi le journalisme n'est pas une science exacte...

20.06.2006

L'erreur fatale de Villepin

Dominique de Villepin a commis aujourd'hui une bourde qui risque de lui coûter cher. La journée devait être celle du président de la République qui inaugurait d'une manière consensuelle son musée des Arts premiers, quai Branly. Las, lePremier ministre lui a volé la vedette en créant à l'Assemblée nationale un incident comme elle n'en avait pas connu depuis longtemps. Il y a fort à parier que Jacques Chirac en sera fort énervé...

12.04.2006

Cigarettes : Villepin écrase

Les douze mois à venir risquent d'être bien longs. Manifestement, le gouvernement est devenu incapable de prendre la moindre décision : sonné par le CPE, Dominique de Villepin semble terrorisé à l'idée qu'on puisse lui reprocher de décider sans consulter. Pourtant, c'est bien un ministre de sa majorité, Yves Bur qui avait déposé le 2 novembre une proposition de loi sur l'interdiction totale de fumer des lieux collectifs, bars et restaurants. En cinq mois, on aurait pu penser qu'une large concertation avait été opérée, et ce d'autant plus que le ministe de la Santé s'était répandu dans les médias ces derniers jours pour expliquer qu'un décret était sur le point d'être pris.

Et puis, patatras, hier tombe un communiqué de Matignon demandant au ministre de "procéder à une évaluation approfondie des différentes solutions en concertation avec tous les acteurs concernés au niveau national et local". Autrement dit, l'interdiction est remise aux calendes grecques.

Le plus drôle, c'est de constater que lorsqu'il s'agit de mesures populaires (les sondages montrent que près de 70% des Français sont pour une interdiction totale du tabac dans les lieux publics), Dominique de Villepin recule. A l'inverse, lorsque la mesure est impopulaire, il met trois mois pour l'admettre.

10.04.2006

CPE : la journée de tous les dangers

Comment enterrer le CPE sans le dire ? «Suspension», «substitution», «abrogation» sont des mots tabous que ne supporte pas Dominique de Villepin. La crise des institutions se double d’une crise des ego, et le Premier ministre aurait à nouveau menacé de démissionner s’il devait être désavoué publiquement.

La situation était devenue tellement ubuesque, ou «abracadabrantesque» pour reprendre une expression utilisée par Jacques Chirac en d’autres circonstances, que l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, n’a pas hésité à tremper sa plume dans le vitriol pour dénoncer hier dans Le Journal du Dimanche le «bourbier» dans lequel se trouve la France : «La désorganisation des institutions a atteint un niveau inconnu depuis le début de la ve République, écrit-il. Le président de la République, auquel la Constitution fixe comme première mission “de veiller au respect la Constitution”, a signé et promulgué une loi votée par le Parlement. D’une manière surprenante, il annonce le même jour que cette loi ne sera pas appliquée. En vertu de quels pouvoirs ? Et cette suspension s’applique-t-elle à la la loi toute entière, ou à l’article 8 qui institue le Contrat première embauche ? Nul ne le sait.»

C’est finalement ce matin, à10 h 30, que l’on devrait connaitre la décision de Jacques Chirac. Et jusqu’au bout, on aura ménagé les susceptibilités: c’est le Président, après avoir reçu l’ensemble des responsables «ayant contribué à la mise au point d'une proposition», qui tranche. Mais c’est le Premier ministre, en direct de Matignon, qui l’annonce. Manière de réaffirmer que c’est lui qui a le dernier mot.

Reste à savoir quel sera ce mot. Et donc la réaction des douze organisations anti-CPE qui se retrouvent cet après-midi pour décider des éventuelles suites. Si elles ont l’impression que le pouvoir louvoie, la situation pourrait devenir explosive. Si au contraire le CPE est clairement abandonné, c’est le Premier ministre qui devrait sans doute en tirer les conséquences.

Pour Chirac, cette journée de tous les dangers est bien une des plus difficiles qu’il ait jamais eu à vivre. D’une manière ou d’une autre, il s’apprête à trancher entre son Premier ministre et son ministre de l’Intérieur. Et en même temps il lui faut ne pas désavouer la mission parlementaire qu’il a lui-même chargée de désamorcer la crise.

05.04.2006

"Des négociations sans tabou ni a priori"

Certains avaient prédit un essouflement, une sorte de baroud d’honneur d’une foule ayant le sentiment d’avoir gagné. Ceux-là en sont pour leurs frais. Au total, les manifestations d’hier ont réuni dans toute la France pratiquement autant de monde que celles du 28 mars, certaines villes ayant même vu une affluence supérieure à celle enregistrée il y a une semaine. C’est le cas notamment de Marseille, de Bordeaux ou de Nantes. On se demandait ce qu’auraient retenu les Français des deux messages contradictoires lancés par Jacques Chirac vendredi: la promulgation du CPE ou son gel sine die. On a eu hier la réponse, et la volonté de maintenir la pression est évidente.

Ce message, l’UMP et son président vont devoir en tenir compte. Car il y a urgence pour Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac, pour sauver le soldat Villepin sans le désavouer, a confié aux parlementaires le soin de résoudre la crise. Aujourd’hui, c’est donc le parti majoritaire, l’UMP, et son président qui se retrouvent avec la patate chaude entre les mains, et le ministre de l’Intérieur ne peut se permettre de devenir à son tour la cible de futures manifestations.

Reste une difficulté: si un accord est envisageable pour enterrer d’une manière ou d’une autre le Contrat première embauche, encore faut-il y mettre les formes. Syndicats de salariés et mouvements étudiants se disent prêts à se rendre au Sénat, où devrait s’ouvrir des négociations aujourd’hui, à condition que l’abrogation du CPE soit à l’ordre du jour. De leur côté, les parlementaires de l’UMP ont répété haut et fort tout au long de la journée d’hier que les négociations devaient s’engager «sans tabou et sans a priori». Une manière élégante de suggérer une volonté de sortir au plus vite de la crise en vidant le CPE de toute sa substance.

Au-delà du sort du CPE, c’est celui du Premier ministre qui va se compliquer. Dominique de Villepin a eu beau affirmer hier à l’Assemblée nationale que «le Président préside, le gouvernement gouverne, le Parlement légifère et les partis concourent à la vie démocratique», on peut légitimement douter de son avenir politique. Il va lui falloir montrer que son autorité n’est pas entamée et qu’il est en mesure de tenir le calendrier qu’il avait fixé avant la crise du CPE.
Un pari qu’il n’est plus du tout assuré de gagner.

22.03.2006

Comment travailler... chez soi

Il y a quelque temps, je manifestais ici ma mauvaise humeur à propos d'un livre que j'avais reçu. Du coup, le nombre d'ouvrages que je reçois a nettement augmenté... C'est ainsi qu'un lecteur m'a envoyé un petit bouquin écrit avec un de ses amis.
Finalement, moi qui ai souvent rêvé (comme beaucoup) de pouvoir travailler chez moi, j'ai trouvé ce livre pas mal du tout. Indispensable pour tous ceux qui, dégôutés par les bouchons et les temps de transport, sont tentés par le boulot à domicile, ce livre permet de savoir si vous êts vraiment fait pour ça. Drôle, vivant, il recense les raisons d'échouer (céder à l'appel du frigo, ne plus sortir de sa bulle ou vivre en pyjama...) et énumère tous les bons motifs pour continuer une fois qu'on s'est lancé. En plus, il est truffé d'illustrations sympas. Bref, bravo à Jean-Christophe Courte et à Jacques Lukino, les deux auteurs de Comment travailler... chez soi (éditions Eyrolles).

21.03.2006

A vendre

Une fois n'est pas coutume : je vais faire de la pub perso. Si vous souhaitez une maison sympa à moins de 45 km de Paris, ne cherchez plus : j'ai ce qu'il vous faut. Il suffit de cliquer ici pour en savoir plus. Bon, voilà, c'est fait. Maintenant, promis, je ne recommencerai plus ;=)))

16.03.2006

Confraternité (toujours)

Entendue ce matin sur France-Inter la revue de presse de 8h30 de Fabrice Drouelle. Notre confrère, à la fin de sa chronique, fait état des derniers chiffres d'audience des quotidiens, tels qu'ils ressortent de l'étude Epiq (qui remplace la traditionnelle étude EuroPQN et qui intègre désormais les gratuits). Après avoir signalé que 20 Minutes est le troisième quotidien français "avec près de deux millions d'exemplaires" (en réalité, 1.885.000 exemplaires, cher Fabrice) et que Metro est le "quatrième" (en réalité le cinquième, cher Fabrice), Fabrice Drouelle conclut : "Tout cela est très inquiétant pour la presse... j'allais dire "normale"... enfin la presse, quoi!"
Merci Fabrice. Je comprends mieux (si besoin était) pourquoi 20 Minutes n'est jamais cité dans votre revue de presse... Nous, nous parlons de France-Inter dans nos colonnes? Nos lecteurs sauront ainsi demain que France-Inter organise toute la journée une opération spéciale avec les jeunes de Seine-Saint-Denis. Mais il faut dire que France-Inter, bien que gratuite, est probablement une radio "normale"...

Et dire que la revue de presse de Fabrice Drouelle est gratuite...

12.03.2006

Confraternité

Dominique de Villepin est ce dimanche l'invité du journal de TF1 à 20 heures. Sans conteste, c'est l'événement politique du jour. Ses explications sur le CPE sont largement attendues. Mais de cela, les télespectateurs de France 2 (service public) ignoreront tout. Pas un mot, pas la moindre allusion de Béatrice Schönberg dans son journal de 13 heures. Je peux comprendre que France2 ne souhaite pas faire de la pub à la chaîne concurrente, au risque de voir une partie de ses téléspectateurs lui faire une infidélité, mais l'information doit primer sur toute autre considération. Décidemment, la confraternité se perd...

 
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